ANMONM

Association Nationale des Membres de l'Ordre National du Mérite

Remise d'un drapeau à Colombey les deux églises


Le 18 mai 2011, une délégation de la Section de l’Ain s’est rendue au Mémorial du Général de Gaulle à Colombey-les-deux-églises afin d’y déposer un drapeau.

drapeau

Louis Boireaud, âgé de plus de quatre-vingt ans, membre de la section de l’Ain est gaulliste. Non seulement dans l’esprit ou dans le souvenir, mais aussi en pratique. Si bien qu’un jour il s’est fait confectionner une copie du drapeau que le Général de Gaulle possédait, dans son bureau à Londres.

Ce drapeau, tricolore, orné de la croix de Lorraine, Louis Boireaud l’a conservé pendant des années dans son propre bureau. Mais l’âge venant, il s’est inquiété de la conservation de ce qui, avec le temps, était devenu une relique. Aussi a-t-il eu l’idée de le confier à la section de l’Ain des membres de l’Ordre national du Mérite. Daniel Pobel, président, ainsi que toute la section en ont été très honorés. Mais un problème s’est immédiatement posé : où le mettre ?

La section, comme beaucoup d’autres, ne possède pas de siège, donc d’un lieu, à sa disposition. Or ce drapeau méritait d’être mis en valeur, voire d’être montré aux jeunes générations. La première démarche fut de le proposer au musée de la Résistance et de la Déportation, installé depuis 1986 dans l’ancienne prison de Nantua. Mais, curieusement, les responsables de ce musée ont estimé que ce drapeau, pourtant véritable emblème de la Résistance, ne les concernait pas.

Or, l’automne dernier, la section de l’Ain, avait organisé sa journée de l’Amitié, à Colombey-les-deux-églises. Si bien que l’idée est venue, assez naturellement, de proposer ce drapeau au Mémorial. Alexandre Mora, le directeur, l’a tout de suite accepté. C’était, pour Louis Boireaud, pour Daniel Pobel et pour toute la section une solution, non seulement pratique, mais surtout glorieuse. Ce modeste drapeau, né dans l’Ain, de la passion d’un homme, allait entrer dans ce monument édifié à la mémoire d’un général, dont toute la vie a été vouée à la grandeur de l’Etat français.

Aussi est-ce avec une certaine joie et une petite pointe d’orgueil qu’une délégation, conduite par le président, Daniel Pobel, s’est rendue, le 18 mai, à Colombey-les-deux-églises. Il y avait là Louis Boireaud et son drapeau, accompagné de sa fille, Josette Mutin secrétaire de la section, André Brulland porte drapeau avec le drapeau de la section, Jean-Louis Pierret, membre de la section, président des Officiers de réserve de l’Ain mais aussi intermédiaire efficace entre le directeur du Mémorial et Daniel Pobel ainsi que Maryse Dufaux-Chollet, vice-présidente, chargée, surtout, de réaliser les photos et le compte rendu de l’événement. Michel de Chardon, membre du Conseil d’Administration, arrivé de Verdun, représentait l’Association Nationale.

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La visite, bien–sûr, a commencé à la Boisserie, sous la conduite de Mme Aurore Jacquinot responsable de la gestion du site. Visite qui, comme toujours, permit de retrouver l’intimité de Charles de Gaulle et de s’imprégner de la simplicité, émouvante, de sa vie privée.

Devant la croix

Au Mémorial, Alexandre Mora eut l’amabilité de recevoir le petit groupe et de l’entraîner, d’abord, au pied de la croix monumentale. « Cette croix est originaire d’Anjou, expliqua-t-il. Mais quand l’Anjou se lie à la Lorraine, la croix passe en Lorraine. » Elle représente la croix chrétienne de la crucifixion avec une barre supplémentaire. Celle-ci rappelle l’écriteau qui avait été accroché au-dessus de la tête du Christ et portait les initiales I.N.R.I. Iésus Nazarenus Rex Iudaeorum (Jésus le Nazaréen, roi des Juifs).

Il précisa aussi qu’à Londres, le premier groupe d’hommes entourant le Général avait dû tout inventer et trouver d’abord un symbole qui puisse réunir ceux qui choisissaient de résister. Comme les nazis arboraient la svastika, insigne religieux hindou, ces hommes ont estimé qu’ils pouvaient choisir, eux aussi, un insigne religieux mais, plus fort, puisque chrétien. Comme Charles de Gaulle avait commandé en 1938, un régiment, en Lorraine, cette croix, en plus, lui rappelait cette époque. Il accepta.

remise du drapeau

Alexandre Mora prit le temps d’expliquer à son petit groupe de visiteurs toutes les étapes de ce mémorial ainsi que l’exposition temporaire qui présente, cet été, les caricatures dessinées par Jean Moulin. Ensuite le drapeau de Louis Boireaud passa, officiellement, dans les mains du directeur de cet établissement, qui avait eu l’élégance d’en comprendre l’importance.

« Il faut savoir, dit-il, que le Général de Gaulle ne souhaitait pas qu’un objet lui ayant appartenu puisse devenir le sujet d’un culte. Aussi, après sa disparition Madame de Gaulle a-t-elle brûlé toutes ses affaires personnelles, ses uniformes, son képi, son lit. Donc nous ne possédons rien qui vienne directement de lui. » Ainsi ce drapeau, bien qu’il soit une copie, va permettre d’évoquer avec un peu plus de réalisme, le temps de Londres.

Si bien que la petite délégation, en repartant vers Bourg-en-Bresse, avait l’impression, grâce à Louis Boireaud, d’avoir (presque) participé à l’Histoire !

M. D.-C.

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Président(e) de la section

M. Daniel POBEL