ANMONM

Association Nationale des Membres de l'Ordre National du Mérite

Voyage en Arctique

 

 

Le 28 septembre 2017, à Bourg,  le capitaine de vaisseau Jean Fossati (qui nous avait accompagnés tout au long de notre voyage à la base navale de Toulon) a présenté à une soixantaine de compagnons, l’avenir de cette partie du Monde que le réchauffement climatique met à nu et soumet à la concupiscence de quelques nations.

  Cette contrée comprend le nord de l’Amérique, de l’Europe et de la Sibérie donc de la Russie. Mais d’autres pays, comme le Groenland ainsi que la Suède ou la Norvège sont aussi concernés. Jusqu’ici cette calotte glaciaire, assez bien définie, vivait relativement en paix. Parcourue par des populations tels les Inuits, vivant de chasse, de pêche ou d’élevage et par de magnifiques ours blancs, n’attirait que de courageux aventuriers accompagnés de leurs chiens, quelques chercheurs et des météorologues étudiant les variations du climat.

 Or, justement, le climat  devient préoccupant car le réchauffement climatique provoque la fonte de la banquise. Première inquiétude, la fonte de ce pergélisol va libérer  des éléments organiques  dans lesquels se réveillent des bactéries nichées dans les sous-sols.  Celles-ci, par certains phénomènes physiques, vont dégager du dioxyde de carbone et plus encore du méthane. Ces gaz à effet de serre accéléreront fortement le réchauffement climatique.  

 Le commandant Fossati essaie d’être rassurant. Il évoque le « Conseil de l’Arctique » qui gère ces régions comme le ferait un syndic de copropriété. Sauf que ces fontes ouvrent des routes. En 2012, on a vu le premier méthanier passer par le nord et même, plus tard, un bateau de croisière a emmené ses passagers à travers les glaces fondantes regarder vivre les Inuits sous leur nez.

« C’est peut-être un raccourci, dit M.Fossati mais avec des météos extrêmes et des  côtes peu ou pas équipées, il y a toujours un risque. Pour le côté positif  il faut signaler que cinq nouvelles stations météorologiques ont été installées. Malgré tout, le passage par cette « Route maritime du Nord » commence à s’étoffer. Il y a maintenant un défilé de bateaux, tous plus grands les uns que les autres.» 

Ces espaces qui se découvrent, que ce soit des terres ou des mers, se révèlent très riches  en ressources naturelles. Ce sont des intérêts beaucoup plus vitaux qui émergent. Poussés par le réchauffement des mers, les morues et les colins d’Alaska remontent dans la mer de Barents riveraine de la Norvège et de la Russie qui devient très poissonneuse, et provoque la rivalité de pêcheurs décidés à exploiter massivement cette aubaine. Dans les pays frontaliers du pergélisol on pense que cet espace arctique qui se dévoile, riche en hydrocarbures, sera la grande  réserve de pétrole et de gaz du XXIème siècle. Déjà la Russie a développé une présence militaire renforcée. Déjà débutent de grandes installations d’entreprises pétrolières. Et la Chine n'est pas loin...

 En conclusion, le commandant Fossati est optimiste et pessimiste. Il fait confiance à la sagesse des hommes. En espérant ne pas être déçu…

 

                                                                                                                                 M.D.C.

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Président(e) de la section

M. Daniel POBEL