ANMONM

Association Nationale des Membres de l'Ordre National du Mérite

Salins - Arc et Senans


BALADE AU PAYS DU SEL

Nous sommes partis de bon matin… en autocar, afin de rejoindre, en terre comtoise, un pays marqué par l’exploitation du sel.

Une fois de plus, le soleil était de la fête, et nous sommes arrivés, en fin de matinée, d’abord, à Salins-les-Bains. Etirée tout au long de la Furieuse, rivière pourtant bien discrète, la petite cité, surplombée par deux forts, le Saint-André et le Belin, laisse deviner, par son architecture, son étonnante histoire. En son coeur, elle conserve ce qui a fait sa richesse, les Salines. Connues depuis le Vème siècle, ces sources, issues de marnes salées, ont dominé son économie et son développement. Aujourd’hui, si ses eaux pourvoient toujours une station thermale importante, la ville a mis en valeur les bâtiments qui ont permis de récolter et travailler, au cours des siècles, le sel.

casino_salins

Ainsi nous avons pu parcourir, dans la Grande Saline, le cheminement des eaux, recouvert par des voûtes du XIIIème siècle aux rondeurs séculaires, admirer une pompe hydraulique du XIXème siècle, et découvrir, dans la salle des Poêles, le travail difficile des sauniers. Chargés de récolter le sel après chauffage et évaporation de l’eau ces hommes, dont les poumons et les mains étaient, au cours des ans, rongés par le chlorure de sodium, ont laissé le souvenir d’un quotidien âpre et pénible qui n’a cessé qu’en 1962.

Après avoir jeté un court regard à la ville, nous avons repris la route pour nous rendre à la Saline Royale d’Arc et Senans, monument complémentaire de la visite du matin. Le déjeuner, agréable, s’est déroulé sur place dans un des pavillons, aménagé en restaurant. Quant à l’ensemble des bâtiments, il évoque, avec splendeur, l’idéologie et même l’utopie d’un architecte du Siècle des Lumières.

Lorsque Claude Nicolas Ledoux fut chargé, par le gouvernement de Louis XVI, d’organiser de façon fonctionnelle l’exploitation du sel, il s’est trouvé devant un choix : soit amener le bois pour chauffer et évaporer l’eau, à Salins, soit amener la saumure à proximité de la forêt qui fournissait le bois. Il préféra la seconde solution. À l’extrémité d’un saumoduc de 21 km, là où arrivaient les eaux, il édifia un ensemble de constructions industrielles dont la beauté et le rationalisme surprennent encore aujourd’hui.

Pour Claude Nicolas Ledoux, imbu de l’humanisme de son temps, les ouvriers avaient droit, pour œuvrer, à des bâtiments édifiés avec le même soin architectural qu’un palais. Cette usine modèle, évoque une idéologie visionnaire, celle d’une cité idéale dans laquelle les ouvriers trouveraient, à la fois, le plaisir de travailler et le bonheur de vivre, leurs habitations entourant, en osmose, la maison du directeur et les ateliers. Seule la moitié de cette usine modèle fut construite. Mais avec ses immeubles aux façades ornées de pierres de taille, la Saline d’Arc et Senans, nichée à l’orée de la forêt de Chaux, se présente comme le rêve inachevé d’une promesse toute en humanité et en impressionnante noblesse.

Nous sommes rentrés, heureux d’avoir partagé, tous ensemble, une même admiration pour cette œuvre, ainsi que, fidèles à nos engagements, une chaleureuse Journée da l’Amitié.

M. D.-C.

pour voir quelques photos de cette journée, cliquez sur ce lien

Président(e) de la section

M. Daniel POBEL