ANMONM

Association Nationale des Membres de l'Ordre National du Mérite

Jeunes à mobilité réduite - devoir de mémoire

2019

Cette année encore, l’engagement de la section en faveur des jeunes à mobilité réduite a conduit à poursuivre le partenariat avec le Centre de réadaptation fonctionnelle Romans-Ferrari de Miribel.

 

Notre sortie au Musée-Mémorial des Enfants d’Izieu (Ain)

jeudi 17 octobre 2019

 

 

            Ce Musée-mémorial perpétue le souvenir de 44 enfants juifs âgés de 4 à 17 ans et de leurs 7 éducateurs, arrêtés lors de la rafle du 6 avril 1944 effectuée par la Gestapo sous l’autorité de Klaus Barbie.

Deux bâtiments sont  ouverts à la visite :

-        la Maison, dans laquelle les enfants ont vécu durant près d’un an, est le lieu d’évocation de la vie quotidienne de la colonie.

-        La Grange, ancien bâtiment agricole, est une sorte d’exposition permanente et aussi temporaire, où sont présentés les itinéraires des familles des enfants dans le contexte historique de l’époque.   

Ce Musée-mémorial met en place des activités pédagogiques adaptées à chaque type de public scolaire, ce qui fait de lui un partenaire privilégié pour les enseignants.

L’action développée par la section s’est inscrite en deux temps :

A)   D’abord une présentation, le 4 octobre, aux jeunes du Centre Romans-Ferrari de cet épisode tragique vécu lors de la Seconde Guerre mondiale par le responsable de la coordination de l’animation pédagogique du Mémorial :

-        des photos de documents, des cartes pour mieux situer l’époque, des cartes d’identité, le déroulement des faits et la mise en évidence du lien de proximité avec notre département,

-        une narration concernant les deux personnages-clef de l’histoire de la colonie : Miron Slatin (1904-1944) et Sabine Slatin, née Chwast (1907-1996) appelée plus tard la « Dame d’Izieu », auxquels nous devons l’histoire et le destin de ces enfants.

-        des questions furent posées : Qu’est-ce qu’être juif ?- Que signifie pour vous le mot « Shoah » - Où se trouve Izieu ? - Qui est Klaus Barbie ? - L’Hôtel parisien  « Lutetia » et son rôle à la fin de la guerre --  Pourquoi ces enfants étaient obligés de se cacher ? - Ont-ils été dénoncés ? - Le site d’Izieu aujourd’hui ?- Sa situation dans l’Ain ce qui, géographiquement, permit de nous rendre aisément sur ce lieu de mémoire*.

      B) Ensuite, le 17 octobre, visite à Izieu du Musée-mémorial et surtout de la Maison sous la conduite de deux médiateurs. Le temps semble s’être arrêté en ce lieu qui conserve les traces de leur présence : lettres, dessins et portraits. Dehors, la campagne, les fermes sont encore là, à peine changées, comme les virent enfants et adultes de la colonie entre mai 1943 et le 6 avril 1944 peu avant l’heure fatale du petit déjeuner….

Un  rapide retour écrit et riche d’enseignement des jeunes patients permet de recueillir   bon nombre d’impressions de ces adolescents, impressions révélatrices et précieuses en vue de renouveler dans l’avenir cette journée-découverte. Cette participation écrite voulue par les enseignants et surtout peut-être par nous-mêmes, compagnons, nous aide dans le but d’enrichir et d’améliorer notre action. 

Ce qui est positif :

Avoir pu visiter les lieux, écouter les explications de la médiatrice, peut-être « se mettre dans la peau des enfants » et partager leur joie de vivre, se sentant protégés, loin de tout danger. Voir et observer  les lettres, dessins et portraits émouvants et combien vrais !

Le déjeuner au restaurant reste un grand moment qui change de la cantine habituelle.

Et puis simplement, pouvoir passer une journée de vacances loin du centre de soins…

 

 Patrick Subreville

Vice-président de la section

 

             

                                                      

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La Maison

 

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La Grange

 

            

 

2018

Comme en 2017, la section de l'Ain a pris en charge des adolescents à mobilité réduite du Centre de réadaptation fonctionnelle Romans Ferrari de Miribel. 

Dix-neuf jeunes et leurs accompagnateurs ont visité le Détachement Air 278 à Ambérieu-en-Bugey. Cette base aérienne, dans un espace clos et sévèrement contrôlé comporte principalement des ateliers de réparations mécaniques et, plus inattendu, un centre de couture où les parachutes endommagés sont remis en état. Des officiers très expérimentés ont expliqué les difficultés pour piloter des Mirage ou des Rafales et les conséquences pour le corps humain.

Les adolescents ont pu approcher de près un avion de chasse et divers matériels. C'est ici qu'Antoine de Saint-Exupéry a pour la première fois été emporté dans un avion par un pilote de la Base.

Après le déjeuner pris au restaurant de la Base, ils rejoignent Saint-Maurice de Rémens où Saint-Ex a passé une partie de son enfance. Sous la conduite du président de l'association "Le souvenir de Saint-Exupéry", ils visitent la chapelle désaffectée du château, une exposition sur la vie de Saint-Ex et admirent la maquette du P 38 , son dernier avion.

Notre compagnon Patrick Subreville  avait préparé les jeunes à cette visite sur le thème de l'engagement, du dépassement de soi face à la douleur et à la maladie. Ce message ne pouvait que toucher ces ados marqués par les épreuves.

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Le groupe devant un avion de chasse

 

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Le château de Saint-Exupéry

 

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Le groupe devant le château

2017

Dans le cadre de ses actions en faveur des jeunes et de sa mission de perpétuer le devoir de mémoire, la Section de l'Ain a organisé la visite du Musée de Nantua pour des adolescents à mobilité réduite.

Avec le concours du CCAS de Chanay, commune  dont le maire Henri Caldairou est un compagnon, et qui a mis  un véhicule à  disposition, il a été possible d’amener à Nantua une vingtaine de jeunes, séjournant  au centre « Romans-Ferrari » à Miribel, en rééducation ou en convalescence.

Cette joyeuse bande, dont certains membres étaient en fauteuil roulant,  portaient minerve, s’appuyaient sur des béquilles ou tenaient un bras en écharpe, prise en charge par un responsable du musée, a pu constater à travers affiches, tracts, photos, ce qu’étaient la ligne de démarcation, les zones interdites réservées ou le régime de Vichy dont la politique touchait la France entière.

Puis, par des explications claires, ils ont mieux compris la naissance des maquis, l’histoire de certains personnages, la vie au quotidien de ces hommes relégués dans les forêts et la montagne. L’exposition de parachutes ouverts, de containers remplis d’armes, de radios dissimulées, leur a, concrètement, imprimé dans la mémoire les hauts faits de cette guerre de l’ombre et de cette lutte pour la liberté. 

Après un déjeuner dans un restaurant situé sur les rives du lac de Nantua que le soleil d’automne teintait de reflets dorés, les participants ont repris le chemin du musée pour de nouvelles découvertes et de nouveaux enseignements.

Ils ont posé peu de questions mais écouté attentivement et quand  leur mentor a tenté de tester leur degré de connaissance, ces adolescents que l’on pouvait imaginer ignorants du sujet, ont répondu fort justement à ces interrogations.  Confirmant ainsi que le thème les intéressait mais aussi qu’ils avaient été bien  instruits par notre compagnon Patrick Subreville, historien et ancien enseignant qui avait pris le temps de les  préparer à cette visite.

Le devoir de mémoire se trouvait ainsi parfaitement appliqué.

                                                                                                                                  M.D.C.

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Président(e) de la section

M. Daniel POBEL