ANMONM

Association Nationale des Membres de l'Ordre National du Mérite

Jeunes ambassadeurs de mémoire : Verdun 2016

Jeunes ambassadeurs de mémoire.

 

Dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre 14 – 18 et de la bataille de Verdun, l’ANMONM a tenu à offrir à un certain nombre de jeunes la possibilité de se rendre sur place pour être les témoins de ce que fut l’une des plus grandes batailles du XXème siècle. L’artillerie conquiert, l’infanterie occupe, pensaient les stratèges  militaires allemands, d’où le déluge de feu qui s’est abattu dans cette région durant 300 jours et 300 nuits, ravagée par une moyenne de 6 obus tombés par mètre carré de terrain ; c’était sans compter sur la farouche volonté des Français de ne pas subir, symbolisé par le mot d’ordre reçu : « On ne passe pas ».

 C’est le 14 juillet, jour emblématique de la fête nationale, qu'une délégation de 16 jeunes du département de l'Ain, issus du Conseil départemental jeunes, des Jeunes sapeurs-pompiers et de la préparation militaire marine, encadrés par trois adultes ainsi que par Daniel Pobel, Maryse Dufaux-Chollet et Danièle Gabriel-Robez, rejoignaient  la cohorte des  200 jeunes et accompagnateurs  inscrits au programme de ce séjour de  trois jours,  au lycée sainte Anne de Verdun, lieu d’hébergement et d‘alimentation réquisitionné pour l’occasion et base de départ des norias de bus.

 C’est d’abord la citadelle basse  qui était visitée à bord de véhicules 9 places empruntant les galeries souterraines ayant servi d’abri  à la fois aux soldats qui revenaient du front et à ceux appelés à les  relever ; aménagements de lieux de vie tels que postes de commandement,  cuisines, chambrées, entrepôts, infirmerie, le tout ponctué de commentaires sonorisés et  de projections cinématographiques. Une cérémonie à la nécropole du Fauboug Pavé avait lieu par la suite durant laquelle  était relaté  l’épisode de la désignation  du soldat inconnu qui repose actuellement sous l’Arc de triomphe, les jeunes étant invités à fleurir les tombes des 7 autres soldats inconnus dont les restes provenaient des différents champs de bataille du conflit. Visite libre de la ville et feux d’artifice devaient clore cette première journée de découverte.

La deuxième journée était particulièrement dense avec la visite du fort de Vaux, défendu  à l’époque par le commandant Reynal et qui fut le théâtre de combats héroïques, en particulier au corps à corps durant sept jours à l’intérieur même du fort, de la part de soldats hébétés de fatigue et de soif (suite à l’explosion de leur citerne à eau, ils en étaient réduits à lécher les murs et à boire leur urine), et célèbre par l’envoi du dernier pigeon voyageur pour rendre compte de la situation du moment. Fleury devant Douaumont était un passage incontournable, village martyr pris et repris une quinzaine de fois, où ne subsiste de nos jours qu’une chapelle construite avec les pierres des anciennes habitations détruites. La butte de Vauquois située à 35 kms au nord ouest  de Verdun permettait de s’aventurer dans les tranchées françaises et allemandes qui se faisaient face et de comprendre la signification de l’expression  « la guerre des mines » : étant impossible de mener une action décisive en surface, il s’agissait de creuser un tunnel sous les tranchées adverses pour les faire exploser ; c’est ainsi qu’une charge allemande de 60 tonnes devait tuer simultanément au moment d’une relève 108 soldats français.

Les visites s’enchaînait sous un rythme soutenu : Douaumont avec son mémorial inauguré en début d’année,  le gigantesque  ossuaire où sont entreposés les restes de nombreux combattants de toute nationalité et non identifiés, ainsi que l’immense cimetière de près de 16000 tombes. Les jeunes étaient invités à se recueillir sur celle d’un combattant originaire de leur région ; c’est ainsi que la délégation de l'Ain était amenée à déposer des roses sur la tombe de Clément Joseph Cochaud, né le 8 mai 1882 à Arandas, affecté au 333ème régiment d'infanterie, mort pour la France le 10 septembre 1916, inhumé à Fleury-Devant-Douaumont, nécropole nationale de Douaumont, tombe 3521. Intense moment d’émotion qui restera gravé dans les mémoires.

La soirée se terminait par un dépôt de gerbes au monument des Veilleurs de la Paix à Haudainville, suivi d’un spectacle son et lumières avec effets spéciaux, animé par près de 300 bénévoles et où était évoquées différentes périodes vécues  dans chaque pays, et bien sûr sur le front. Le rideau devait se baisser sur l’impérieuse  nécessité de  réconciliation des peuples et de la préservation de la paix.  Nul doute que les jeunes ambassadeurs de mémoire présents à Verdun en seront repartis  intimement convaincus. 

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1 - le groupe de l'Ain

2 - devant le Centre mondial de la paix, dans l'ancien évêché de Verdun

3 - Douaumont

4 - Vauquois

5 - les entonnoirs de Vauquois

6 - une délégation des jeunes de l'Ain devant la tombe du soldat d'Arandas (Ain)

è - la tombe de Clément Cochaud

 

 

Président(e) de la section

M. Daniel POBEL