ANMONM

Association Nationale des Membres de l'Ordre National du Mérite

Monsieur Jacques SOYER


9782343008127FS

Résumé :Jacques Soyer, né en 1924, appartient à une famille d'officiers dont le plus ancien traversa la Bérézina et reçut la croix de la Légion d'honneur des mains de l'Empereur Napoléon Ier à la bataille de Dresde (1813). Il termine ses études au Prytanée militaire de La Flèche et passe le concours de Saint Cyr promotion Rome-Strasbourg. Après un court séjour dans les maquis de l'Ain, il s'engage en août 1944, pour la durée de la guerre, au 5e régiment de tirailleurs marocains et fait campagne jusqu'au Rhin. Il est alors convoqué à l'École Militaire de Cherchell, en Algérie. Peu après sa sortie de l'École, il se porte (fin 1945) volontaire pour l'encadrement des troupes sahariennes. Ce séjour, d'une durée initiale de deux ans, se poursuivra finalement durant treize années, pendant lesquelles il sera successivement chef de Peloton méhariste, adjoint d'Annexe, chef de Poste, commandant de Compagnie Méhariste et commandant de Compagnie Saharienne Portée, toujours dans le Sud algérien : El-Oued, Timimoun, Kenadsa et Adrar. Officier de la Légion d'honneur, Commandeur de l'Ordre National du Mérite, Chevalier du Mérite Saharien, l'auteur évoque pour nous l'époque aventureuse où, sur leurs «vaisseaux du désert», les Méharistes partaient en mission pendant de longs mois, loin de toute civilisation moderne, d'une quelconque possibilité d'urgence médicale, avec pour objectif essentiel de faire flotter les couleurs tricolores sur l'immense espace saharien.

Préface de Jean-François BARBA: Ce livre passionnant a pour sous-titre "Souvenirs d’un officier méhariste 1946-1959" ; Jacques Soyer y donne d’intéressantes informations sur les pelotons méharistes, unités "hors normes" aujourd’hui disparues, que j’ai bien connues, moi aussi, à la même époque.
En effet, faisant partie, lui et moi, de la promotion Saint-Cyr "Rome et Strasbourg", nous avons quitté l’École de Cherchell en mai 1945, avec le grade d’aspirant, après seulement cinq mois d’instruction. Peu de temps après, nous avons été affectés tous les deux, lui à El-Oued à la Compagnie Méhariste de l’Erg Oriental d’El-Oued, moi à la Compagnie Méhariste du Touat d’Adrar. Pendant plus de quatre années, nous avons commandé, dès l’âge de vingt ans, un peloton méhariste dans des régions du Sahara éloignées l’une de l’autre mais dans des conditions identiques.
Jacques, mon ami, décrit très bien les multiples aspects de notre vie peu commune à la tête d’une telle unité : de nombreux déplacements à pied ou à dos de l’indispensable chameau, la connaissance des militaires Chaamba, nomades sahariens dont nous partagions la façon de vivre, les contacts avec les habitants du désert….
Il met l’accent, à juste titre, avec le souci du détail et de l’exactitude, sur les qualités de nos méharistes qui m’ont aussi étonné : l’acuité de la vue, la mémoire des lieux, l’endurance, la sobriété et la remarquable connaissance des traces des hommes et des animaux. Je partage aussi son avis sur le chameau (on devrait dire dromadaire) qui "bien que compagnon assez peu attachant, se montre fort précieux, pour ne pas dire incontournable, de par sa parfaite adaptation au désert".
En dehors des années de « méhariste à part entière », Jacques Soyer a participé, à Timimoun et Kenadsa, à l’administration des Territoires du Sud Algérien, confiée aux officiers des Affaires Sahariennes. L’on sent dans ce livre, parfois l’humour, toujours la flamme qui accompagnent l’accomplissement de cette mission.
Jean-François BARBA,
Contrôleur Général des Armées (2 S)

Président(e) de la section

M. Daniel POBEL